Alien Worlds, la revue : planètes, mines, missions
Planètes, Trillium et missions tels qu'ils étaient en 2022 : le jeu est vivant et a continué de changer.
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Alien Worlds est le jeu play-to-earn qui a soulevé le plus d'attentes depuis la fin de 2021, et il se présente volontiers comme un métavers, puisqu'on y possède des terrains. Au fond, c'est surtout une mine : n'importe qui peut s'y faire mineur et explorateur pour gagner du Trillium (TLM), le jeton crypto de la maison. Voyons ce qu'il faut pour commencer, ce que coûtent les outils, et ce que le mécanisme rapporte réellement.
Lancé en décembre 2020, le jeu a dépassé les 350 000 joueurs inscrits. Ses documents officiels le qualifient de métavers, un mot dont nous avons déjà dit tout l'abus qui s'en fait aujourd'hui ; le programme, lui, consiste à coloniser six planètes — Eyeke, Kavian, Magor, Naron, Neri et Veles — ou plutôt à en extraire le précieux minerai, le trillium, qui donne son nom au jeton. Le minage se pratique sur les terrains de ces planètes, qui appartiennent à des joueurs et ne se vendent plus que sur le marché secondaire de WAX AtomicHub, à des prix jamais inférieurs à 20 000 WAX, soit plus de 7 000 $. À côté du minage, le joueur participe à des missions d'exploration, et la fonction de bataille PvP, annoncée pour cette année, reste attendue.
Le Trillium (TLM), le jeton du jeu
Le Trillium a déjà atteint un certain degré de popularité, et il ne s'échange donc pas seulement sur les plateformes d'échange secondaires : depuis la seconde moitié de 2021, on peut l'acheter sur Binance. La particularité d'Alien Worlds est ailleurs, et elle se paie : les deux phases de jeu actuellement disponibles reposent sur deux blockchains différentes. Pour miner, il faut un portefeuille WAX, où les Trillium minés sont conservés ; pour les missions, il faut opérer sur la blockchain BSC, et donc disposer du portefeuille Metamask. Les NFT du jeu se répartissent de la même façon : les terrains, les outils de minage et les avatars vivent sur la blockchain WAX, tandis que les NFT reçus en récompense des missions — dont l'usage sera peut-être mis en œuvre plus tard — reposent sur BSC. À notre avis, ce découpage est un tantinet artificiel, et il complique la vie du joueur le moins aguerri.
Le Trillium sur la blockchain WAX
Le TLM arrive sur le portefeuille WAX de deux façons, par achat ou par le minage dans le jeu. On peut le déplacer ensuite vers BSC en reliant l'adresse du portefeuille WAX à celle de Metamask, mais l'opération n'est possible qu'à partir de 100 TLM.
Le réseau WAX a la réputation de ne rien coûter à la transaction, les fameux frais de gas ; en revanche, il impose un système de staking à peu près obligatoire pour utiliser des portions de réseau et de CPU, et la RAM, elle, se paie pour de bon, d'un coût qui, contrairement au staking, n'est pas réversible. Disons-le franchement, car les deux affirmations ne tiennent pas ensemble : un réseau qui exige d'immobiliser des jetons et de débourser pour sa mémoire n'est pas un réseau gratuit, c'est un réseau dont le prix a changé de nom.

Le Trillium sur BSC et sur Ethereum
Nous n'avons pas encore dit que le Trillium se gère aussi sur la blockchain Ethereum ; en pratique, presque personne ne le fait, et tout le monde préfère la Binance Smart Chain, où les frais de gas sont nettement moins chers. Précisons du reste que la Binance Smart Chain ne prend pas en charge le Trillium de façon native : il y est porté par un smart contract ERC20 dédié, dont voici l'adresse.
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La gestion des TLM sur BSC passe par Metamask, une fois la Binance Smart Chain ajoutée au réseau Ethereum, qui est celui par défaut. Là encore, chaque transaction a son coût en frais de gas, et il faut donc garder un minimum de BNB, la monnaie de Binance, pour pouvoir agir.
Comment on mine du Trillium
Pour commencer, vous aurez besoin des deux portefeuilles reliés au jeu, le portefeuille WAX et Metamask, que nous conseillons de régler d'emblée sur la Binance Smart Chain. Le jeu offre alors deux NFT gratuits : un avatar, à choisir entre un personnage masculin et un personnage féminin standard, et un premier outil de mineur, le Standard Shovel. Mieux encore, les premières opérations de minage sont offertes dès l'inscription : l'usage des ressources du réseau WAX passe par du staking, qui concerne ici surtout le CPU, et le jeu en dispense le joueur au départ.
Choisir la planète, puis le terrain
La première décision porte sur la planète où l'on veut miner, et il y en a six pour l'instant.

Vient ensuite le choix du terrain. Le système en propose quelques-uns au hasard, et celui qui connaît déjà les coordonnées du terrain qui l'intéresse les saisit directement en haut de la page. L'image ci-dessous rend la manœuvre plus claire.

Chaque terrain disponible se présente comme une carte NFT où figurent les informations qui commandent le choix. Examinons les principales, image détaillée à l'appui.

Le taux de commission s'affiche en pourcentage, en haut et au centre de la carte. C'est la part que le propriétaire du terrain retient sur tout le Trillium qu'on y extrait, et elle plafonne à 20 %. Voilà pourquoi la propriété foncière est le bon côté du manche : dès l'achat, le terrain produit une commission sans que son propriétaire ait à jouer. Certains propriétaires baissent d'ailleurs ce taux pour attirer les mineurs, ou montent des communautés Discord où ils distribuent des NFT à qui vient miner chez eux.
Le multiplicateur de rendement, le Yeld Multiplier, se lit au-dessus du nom du terrain, précédé d'une icône d'éclair. Il dit le rendement du minage sur ce territoire précis : un terrain généreux fait donc patienter plus longtemps entre deux sessions, car le multiplicateur joue aussi sur le temps de recharge des outils, le charge time.
La probabilité de NFT, ou NFT Luck Multiplier, se trouve en bas à droite. Pendant les sessions de minage, on ramasse parfois des NFT en plus du Trillium, et cet indicateur se multiplie avec celui des outils employés pour relever cette chance.
La puissance minière, le Mining Power, occupe le coin inférieur gauche, derrière une icône de pioche. La valeur du terrain choisi se multiplie avec celle des outils et accroît d'autant leur efficacité.
Le réducteur de POW, pour Proof of Work, mérite une explication, car le minage dans Alien Worlds est bel et bien une forme de minage de cryptomonnaie : le programme fait calculer l'appareil qui exécute le jeu, smartphone ou PC. La valeur indiquée en bas au centre allège ces calculs, et se combine comme les autres avec celle du terrain et celle des outils.
Les trois outils de minage
Au premier accès, on ne dispose que du Standard Shovel, l'outil de base. Miner plus efficacement suppose d'autres outils, qu'on peut certes trouver en minant — c'est le fameux indicateur NFT Luck — mais la chose est très difficile ; autant les acheter sur la place de marché AtomicHub, où les prix suivent la rareté de l'outil, elle-même calquée sur celle du NFT correspondant, dont il sera question plus bas. Plus les outils sont efficaces, plus chaque session livre de Trillium, et on peut en combiner trois au maximum. Voici quelques-uns de ceux qui circulent sur le marché secondaire.

Le minage lui-même est d'une simplicité désarmante : un clic sur le bouton « Mine », puis, quand on veut savoir ce qu'on a tiré du sol, un clic sur le même bouton, qui s'appelle alors « Claim Mine ». Après l'encaissement, une attente s'impose avant de reprendre, déterminée par la valeur de ses outils multipliée par celle du terrain exploité. La section « Switch Tools », celle où l'on configure son équipement, en donne le total.

Les NFT du jeu : rareté, brillance et usages
Alien Worlds fait circuler toute une série de NFT, aux propriétés différentes et d'une utilité qui varie selon l'emploi. Ils se distinguent avant tout par la rareté, déclinée en six niveaux : Abundant, Common, Rare, Epic, Legendary et Mythical. La brillance, ou shininess, est quant à elle un procédé de combinaison : deux NFT identiques en engendrent un plus brillant, moyennant évidemment du TLM, et les niveaux vont de stone à gold, stardust, antimatter et XDimension. Rareté et brillance gardent ici leur terminologie anglaise, celle que le joueur lit sur son écran. Restent les types, au nombre de cinq.
- Terrain — une carte NFT qui représente des coordonnées sur l'une des six planètes. Posséder un terrain, c'est posséder son NFT, et les types ne valent pas tous la même chose : forêts, sources géothermiques, désert gelé, dunes, montagnes, côte rocheuse, cratère rocheux, volcan actif, volcan inactif et plaines. Le propriétaire touche sa commission sur les extractions.
- Tools — les outils, sans lesquels aucun Trillium ne sort d'un territoire. On peut en employer trois à la fois, et ils diffèrent par l'efficacité comme par l'aptitude à dénicher d'autres NFT.
- Minions — les NFT des futures batailles, quand la fonction PvP sera en place. Ils s'équipent d'armes.
- Armes — les NFT que les Minions emploient au combat, avec une série de valeurs dont celles d'attaque et de défense.
- Avatars — la carte NFT qui représente le joueur. Au départ, le choix se limite à deux, mais il en existe plusieurs types, dont les Robotrons, les Little Green Persons, les Nordics et les Greys. Pour l'heure, rien n'indique qu'un avatar différent change quoi que ce soit au gameplay.
La gouvernance d'une planète
Autre volet du jeu, les joueurs peuvent prendre part à la gouvernance d'une planète. Il faut pour cela désigner la planète qu'on entend aider à gouverner, puis engager en staking des ressources en Trillium prises sur le portefeuille WAX, car la zone de gouvernance est développée sur la chaîne WAX. En échange de cette immobilisation, le joueur reçoit une série de récompenses, souvent présentées comme des intérêts. Les ressources engagées se débloquent à tout moment, mais il faut compter 2 jours avant qu'elles redeviennent liquides sur le portefeuille.

Les missions
Depuis le milieu de 2021, le jeu propose aussi des missions, implantées cette fois sur la Binance Smart Chain : c'est pour ce segment qu'il vous faudra connecter Metamask. Au fond, il s'agit encore de staking, déguisé en missions spatiales d'exploration. Une mission part d'une semaine et peut courir jusqu'à 12 semaines ; pour embarquer, il faut louer des vaisseaux, dont le coût en Trillium grimpe avec la durée. Au terme, on touche une récompense en Trillium, une valeur de base partagée entre tous les participants, et un NFT dont la rareté dépend là encore de la durée. Voici le portail des missions : en blanc celles qu'on peut encore rejoindre, en rouge celles qui sont déjà parties.

Notre avis
Alien Worlds reste l'un des jeux les plus intéressants du paysage play-to-earn, à condition d'accepter le ticket d'entrée : produire des ressources suppose d'investir au départ quelques WAX, le temps de monter une panoplie d'outils qui tienne debout. Le gameplay demeure, comme dans la plupart des jeux crypto, passablement fastidieux ; en revanche, il ne réclame pas un temps déraisonnable, et nous y voyons plutôt un avantage. Le vrai rendez-vous, somme toute, est ailleurs : nous attendons les batailles de Minions en version PvP pour juger de ce que ce jeu veut devenir.


