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Upland, la revue : un métavers façon Monopoly, et pas cher

L'évaluation de février 2022. Upland est bien vivante, mais elle a beaucoup changé depuis.

Publié le

Né à la fin de 2018, Upland se tient à la frontière du métavers et du play-to-earn, et il y prospère : la communauté est l'une des plus fournies du secteur, et elle ne se disperse pas, tenue en haleine par des innovations, des mises à jour et des initiatives continuelles. On ne s'ennuie pas à Upland, c'est le moins qu'on puisse dire. Reste à savoir ce qu'on y achète, avec quelle monnaie, et ce qu'on peut raisonnablement en retirer.

Ce qu'est Upland

Upland se présente comme un métavers, et il pourrait évidemment évoluer dans cette direction ; pour l'instant, il nous semble tenir une position intermédiaire entre le métavers et le jeu play-to-earn. C'est d'abord un jeu de simulation immobilière, de facture très Monopoly, bâti sur la blockchain EOS : un jeu de construction et de négoce immobilier posé sur les cartes virtuelles de villes réelles, où bâtiments et terrains se superposent exactement à la ville qui existe.

Le gameplay est plutôt riche — surtout pour un jeu play-to-earn, catégorie qui, nous l'avons toujours dit, manque justement de cette qualité — avec des NFT à collectionner, des chasses au trésor, des événements et des collections à compléter. On estime à ce jour que les joueurs, et d'abord les premiers inscrits, ont dégagé 1,8 million de dollars au total, et les nouveautés annoncées devraient accentuer encore ce versant.

Sur Dappradar, Upland figure parmi les titres les plus courus : stable depuis plusieurs mois à la cinquième place du classement, et même quatrième des jeux à l'heure où nous écrivons, ce qui signifie qu'il retient les inscrits et, surtout, qu'il en attire de nouveaux.

upland appradar

On y accède par le navigateur, donc indépendamment du système d'exploitation, ou par les applications mobiles, iOS comme Android. Le gameplay est simple et bien tenu. Ses fondations ressemblent à celles du Monopoly, dont il s'inspire ouvertement, mais à une échelle sans commune mesure. Les nouveaux terrains s'achètent à la banque — Upland appelle cette opération le minage — ou directement auprès d'autres joueurs. Comme au Monopoly, on encaisse une certaine somme en jetons UPX, l'une des deux monnaies du jeu, lorsque d'autres joueurs visitent sa propriété. Visiter celle des autres est d'ailleurs indispensable pour se déplacer : faute de données, le joueur désigne la propriété qu'il veut atteindre dans la zone visée, et acquitte le péage affiché sur la destination.

Les deux monnaies d'Upland

Upland fait circuler deux devises, aux emplois nettement séparés.

  • UPX — la monnaie d'achat des terrains, et celle dans laquelle on perçoit les péages des autres joueurs ainsi que les rentes de ses propres terrains.
  • Spark — réservée à des usages particuliers, dont la construction de bâtiments sur les terrains, les maisons et les hôtels du Monopoly, pour filer la comparaison.

Une réserve, et elle est de taille : bien que minés sur la blockchain, UPX et Spark ne sont pas de véritables cryptomonnaies, seulement des jetons de jeu, puisqu'ils ne se négocient pas à l'extérieur d'Upland. L'affirmation ne tiendra pourtant pas jusqu'au bout de cette revue, et nous y revenons en conclusion.

Commencer à jouer

Se lancer est d'une simplicité réelle et, dit l'argument, sans aucun coût d'investissement initial. À l'inscription, Upland dote le nouveau venu, qui démarre avec le statut Visitor, d'une somme gratuite comprise entre 4 000 et 6 000 UPX, à condition qu'un autre joueur l'ait recommandé par un lien de parrainage. Ce parrainage ouvre en outre droit à un bonus sur le premier achat de monnaie UPX, pour qui déciderait de poursuivre. Autant passer, donc, par notre lien.

Cette dotation initiale ne reste pourtant pas acquise telle quelle : elle doit être investie en terrains et portée à 10 000 UPX pour être définitivement attribuée au joueur. En clair, la somme gratuite a une durée de vie de 15 jours, pendant lesquels il faut acheter un terrain ou effectuer un premier achat d'UPX dans la boutique du jeu, de manière à atteindre un patrimoine de 10 000 UPX au moins. Le statut passe alors de Visitor à Uplander, les terrains acquis sont minés sur la blockchain, et la dotation de départ est conservée pour de bon. Rappelons que le premier achat, s'il suit une inscription faite depuis notre lien, donne lui aussi droit à un bonus en UPX. Passés les 15 jours sans que le seuil soit atteint, les terrains achetés et l'UPX liquide encore en portefeuille sont retirés et remis gratuitement à la disposition de la communauté.

C'est ici que la promesse du départ gratuit se fissure, et il faut le dire sans détour : la dotation plafonne à 6000 UPX quand le seuil à franchir est de 10 000, et acheter un terrain ne fait que convertir des UPX en pierre sans rien ajouter au patrimoine. Pour garder le cadeau, il faut donc sortir de l'argent. Le jeu s'essaie gratuitement ; il ne se conserve pas gratuitement.

À mesure que les terrains et l'UPX liquide s'accumulent, le statut évolue, et chaque palier ouvre ses propres droits.

  • Visitor — aucun seuil : c'est le statut de départ, au moment de la première inscription.
  • Uplander — 10 000 UPX. Le compte et les terrains acquis sont inscrits définitivement sur la blockchain EOS, le marché secondaire devient accessible, les terrains « FSA » réservés aux nouveaux joueurs s'achètent, et au bout de 30 jours les terrains se revendent sur le marché secondaire, en UPX comme en dollars.
  • Pro — 100 000 UPX. Accès à des block explorers exclusifs, mention « Pro » sur le sien, fin de l'accès aux terrains « FSA », qui restent l'affaire des débutants, et quelques fonctions annoncées pour plus tard.
  • Director — 1 million d'UPX, avec 0,5 Spark versé à l'acquisition du statut et la possibilité d'un block explorer personnalisé, dessiné pour l'occasion.
  • Executive — 10 millions d'UPX, 1 Spark à l'acquisition et des objets 3D personnalisés à installer sur ses terrains.
  • Chief Executive — 100 millions d'UPX, 2 Spark à l'acquisition et les mêmes objets 3D personnalisés.

Choisir un block explorer et circuler

La première chose à faire en arrivant est de choisir un block explorer, la figurine par laquelle on se déplace. Le choix, d'abord restreint, s'élargit avec le statut, jusqu'aux modèles personnalisés.

Chaque changement de statut permet donc d'en changer, comme l'image le montre. Signalons au passage que certaines dates mettent en vente des modèles spéciaux ou thématiques, à Halloween ou à la Saint-Valentin plutôt qu'à Noël. Le block explorer, répétons-le, est l'instrument par lequel on visite les villes d'Upland.

Se déplacer dans une même ville

Le mécanisme n'est pas des plus limpides. Pour aller d'un point à un autre de la ville où l'on se trouve, il faut choisir sur la carte une propriété qui servira de destination. On ne dispose que de 11 déplacements de ce type par jour, rechargeables : si une icône d'avion en papier traîne dans une zone survolée, un clic la ramasse et ajoute de 1 à 3 recharges, toujours dans la limite de 11. La propriété de destination affiche un coût de survol, que son propriétaire règle à sa convenance ; mieux vaut donc comparer plusieurs propriétés de la même zone avant de trancher, et retenir la moins chère. Sur l'image ci-dessous, le survol est fixé à 25 UPX, et le bouton « Send » expédie le block explorer.

Se rendre sur l'une de ses propres propriétés, en revanche, ne coûte rien et ne compte pas dans les 11 déplacements quotidiens. Une fois arrivé au-dessus de la cible, le block explorer survole la zone de façon autonome et aléatoire, ce qui révèle les propriétés disponibles à l'achat ; changer de direction d'exploration, malheureusement, consomme un déplacement de plus.

Voyager entre les villes

Les villes se visitent aussi l'une après l'autre : 13 sont actives, dont Chicago, New York, San Francisco et la dernière ouverte, Los Angeles. Le voyage se fait en train ou en avion, chaque trajet ayant son tarif, et les vols entre villes très éloignées — New York et San Francisco, par exemple — sont naturellement les plus coûteux. Le train, lui, ne relie que des villes proches ou limitrophes : traverser les États-Unis d'un bord à l'autre impose donc plusieurs correspondances, et si les escales ne recèlent aucun terrain intéressant, le billet d'avion revient somme toute plus commode. Pendant la durée du trajet, le joueur est mis en pause.

Acheter des terrains

Upland étant un jeu-métavers d'investissement immobilier, l'essentiel du jeu consiste à acheter des terrains qui, une fois en portefeuille, produisent une rente en UPX liquidée toutes les 3 heures, à laquelle s'ajoutent les péages de survol quand un autre joueur choisit le terrain comme destination. Voyons comment ces rentes s'encaissent.

Les terrains se déclinent en plusieurs types, dont le prix varie bien sûr avec la surface et le quartier. Certains sont réservés aux deux premiers statuts, Visitor et Uplander, c'est-à-dire aux joueurs dont le patrimoine reste sous 100 000 UPX : vendus sous le prix du marché, ils portent la mention « FSA », pour Fair Start Act, et se repèrent sans peine. L'image qui suit le montre, et l'on y aperçoit du reste l'avion en papier qui reconstitue la réserve de déplacements quotidiens.

La couleur, enfin, classe les terrains d'un coup d'œil.

  • Gris — indisponibles à la vente pour le moment, parmi lesquels peuvent se trouver des terrains Fair Start Act.
  • Bleu foncé — les terrains du joueur, visibles sur l'image ci-dessus.
  • Bleu clair — ceux d'autres joueurs, actuellement hors marché ; un clic permet néanmoins de faire une offre au propriétaire.
  • Vert clair ou brillant — en vente directement par Upland, certains en FSA là encore.
  • Vert foncé — ceux d'autres joueurs, déjà proposés sur le marché secondaire.

Trésors, Legits NFLPA et le reste

Cette revue ne peut évidemment pas tout embrasser, son objet étant de donner une première impression. Les fonctions d'Upland se multiplient vite : rappelons que la ligue de football NFLPA a choisi ce métavers pour y reconstruire ses stades et y vendre ses NFT officiels, l'équivalent numérique des souvenirs sportifs. Parmi les autres trouvailles, la chasse au trésor retient l'attention : le jeu lâche des trésors au hasard, que les joueurs dénichent en suivant des indices, et qui rapportent de l'UPX, du Spark et divers objets de personnalisation.

Notre avis

Upland est à nos yeux un jeu-métavers à fort potentiel, dont les barrières à l'entrée demeurent basses : un premier territoire s'obtient pour moins de 7 000 UPX, et 10 000 UPX valent environ 9,99 USD, de sorte que rejoindre cette communauté coûte une mise dérisoire. Si vous voulez tenter l'expérience, inscrivez-vous par notre lien de parrainage : il ouvre droit à un bonus sur le premier achat d'UPX.

Un mot, pour finir, sur la monnaie, parce que le compte ne tombe pas juste. Nous avons écrit plus haut que l'UPX ne se négocie pas hors d'Upland et qu'il n'est donc pas une vraie cryptomonnaie, puis lui avons donné un cours en dollars, admis la revente des terrains en dollars au bout de 30 jours et crédité les joueurs de 1,8 million de dollars de gains. Ou bien l'UPX sort du jeu, et c'est une monnaie ; ou bien il n'en sort pas, et les dollars annoncés n'existent nulle part. En l'état, nous ne voyons pas comment faire tenir ensemble les deux propositions, et c'est précisément là qu'il faut regarder avant de parler de rendement.

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